Dirrtymusic
Joseph Arthur “The Graduation Ceremony”

Le rédac chef bien aimé ne manque pas d’humour. Me filer à moi un album de Joseph Arthur ! « Parfait, j’ai jamais écouté un seul de ses morceaux, j’en ai sûrement rien à carrer, mais ce sera avec plaisir ».

Oui, parce qu’après tout, on écoute un disque, et on ne juge qu’un disque, sans le poids de l’héritage des précédents. Et on se fiche éperdument de savoir si ce Graduation Ceremony sera plus passionnant / inspiré / produit / embarrassant (rayez la mention inutile) que ses oeuvres passées. Non, allons y ainsi. Sans a priori. Sans connaissance donc. Vierge comme un Jonas Brothers. Sauf que je connais mieux la musique qu’eux sans doute. 
Toute prétention mise à part, je découvre la politesse de monsieur Arthur qui daigne ne pas m’agresser les oreilles en ce pieux dimanche où je réside encore dans mon pieu.

Le soleil point. J’aimerais être dans un train pour écouter Joseph en fait. Cette douce mélancolie des gares et des chemins ferrés conviendrait parfaitement aux langoureuses mélopées de Joseph. Les gens qui prennent le train écoutent de toute manière de la bien meilleure musique que ceux qui prennent la voiture. D’ailleurs, plus le conducteur écoute de la merde, plus il l’écoute fort, pour le plaisir des passants. Alors que le voyageur ferré se cale  tranquillement sur son siège, casque sur les oreilles, observant les passagers et les vaches dans les prés. Et il écoute sans doute Joseph Arthur nous chanter simplement qu’il veut « aimer quelqu’un », et c’est fou le bien que cela fait d’entendre ça plutôt que de la techno sortie d’enceintes Bose d’une 207 gris lunaire.

Oh ! Joseph ne changera pas nos vies, peut-être en a-t-il sauvé certes, mais ce disque ne risque pas de bouleverser l’univers. Pas le mien en tout cas. Mais il contribue a nous rendre heureux, humble, d’aimer nos proches et de donner des sous à la SNCF.

Morgan Le Bervet